Doit-on raconter l’origine de leur naissance aux enfants nés par ovodonation ? Les parents poursuivent-ils leurs intentions initiales de leur dire ? Et si non, pourquoi ?

En Espagne, aujourd’hui, la plupart des parents décident de ne pas raconter à leurs enfants nés d’un don d’ovocytes leur origine. Cette précaution est liée, dans de nombreux cas, à la crainte de l’impact que cette information pourrait avoir sur les enfants, la famille ou la société. Un article récemment publié dans la revue Human Reproduction, par un groupe new-yorkais, montre que les intentions diffèrent de la réalité lorsque les parents ont, au contraire, pris la décision de divulguer aux enfants la vérité sur leur origine.

Au total, entre 1992 et 2003, 459 familles avec enfants conçus par ovodonation ont été invitées à participer à un séminaire d’une journée consacré à la problématique du don d’ovocytes et à sa diffusion au sein de la famille. 72 parents y ont assisté, représentant 46 familles et 66 enfants de 7 à 19 ans.

Sur les 46 familles participantes, 43% avaient révélé leur traitement à leurs enfants, 39% l’ont révélé tardivement en raison de l’incertitude quant à savoir comment et quand le révéler, 9% ne savaient pas si elles allaient le communiquer ou non et les 9% restants ont décidé de ne jamais leur dire. L’âge moyen des enfants au moment de la révélation était de 5 ans et demi. Les principales motivations des parents qui ont tout raconté sont le droit de l’enfant de connaître son histoire, leur désir d’être transparents et sincères et l’idée que garder des secrets de famille est préjudiciable.

Les familles qui l’ont révélé tardivement avaient des enfants âgés en moyenne de 11 ans et la principale cause de la divulgation tardive était de «ne jamais trouver le bon moment», ainsi que l’incertitude quant à la manière et le moment opportun de le dire. Une conclusion imprévue de l’étude est que retarder l’information aux enfants provoque une forte anxiété chez les parents.

La conclusion de l’étude est qu’en informant les enfants avant l’âge de 8 ans, on obtient les plus bas niveaux de conflit et les plus hauts niveaux de satisfaction en dévoilant le traitement tôt. Ces résultats concordent avec ce qui a été publié jusqu’à maintenant. En effet, les spécialistes de la fertilité et les psychologues recommandent de lever le secret le plus tôt possible à ceux qui envisagent de le faire et offrent un suivi et un appui pour s’assurer que la révélation a lieu comme prévu au départ.

Hum. Reprod. (2016) doi : 10.1093 / humrep / dew125 publié pour la première fois en ligne : 10 juin 2016

Dr. Sylvia Fernández-Shaw Zulueta – Directrice de l’URH García del Real